lundi 19 mars 2012

La pépinière


Jour 49 (mercredi 7 mars) 

Samedi avant de retourner la voiture louée, on est arrêté à la pépinière de La Ceiba. Ça faisait déjà plusieurs fois que Marie-Claude Vigor voulait aller y jeter un coup d’œil mais là, elle s’est payé la totale. Comme dans toute pépinière qui se respecte, on a été accueillis par des nains de jardins, des flamands roses et des cages d’oiseaux. Une fois cette étape Brossard passée, le choix n’est pas vraiment comme chez-nous. Palmiers, bananiers, citronniers et autres plantes tropicales remplacent avantageusement bégonias, cœurs saignants et géraniums.
La jardinière a arrêté son choix sur un plant d’héliconia de près de cinq pieds de haut et trois petits bougainvilliers rose-mauve. Cet après-midi on a donc procédé à la plantation dans des grands pots de terre qui décorent le tour de la piscine et le balcon de notre chambre. C’est toujours drôle de jouer dans la terre, mais dans les climats tropicaux, la terre sert aussi d’habitat aux fourmis… 

On s’est donc fait piquer les mains avant de réaliser que nos techniques de jardinage n’étaient pas transposables en Amérique centrale. Qu’importe, le résultat est convaincant et on peut maintenant admirer la nature tropicale encore plus près de nous.

La coupe de cheveux !


Jour 47 (lundi le 16 mars) 

Temps morne et gris, on se croirait sur le bord du fleuve en Gaspésie, à l’automne… Quelques degrés de moins et on sortirait presqu’une petite laine, c’est vous dire! Devant tant de morosité, on décide de faire peau neuve et de vivre à plein la journée de la coupe de cheveux. 
Si les filles n’avaient besoin que d’un léger rafraîchissement par faciliter le séchage au sortir de la piscine, les garçons, eux, étaient plutôt dus pour un débroussaillage en règle. Jules avait l’air d’être envahi par une plante grimpante blonde et on n’avait un peu de difficulté à voir les yeux de Colin sous sa crinière bouclée. Devant la pile de cheveux pâles coupés on a hésité à en faire de petits sacs et les vendre aux locaux qui sont toujours si fascinés devant la pâleur des cheveux de nos enfants…

mercredi 7 mars 2012

Villa Becerra


Jour 46 (dimanche le 4 mars)

Une fois notre petit dimanche matin bien étiré, on décide d’aller dîner et de passer l’après-midi à la Villa Becerra située à quelques kilomètres de chez nous vers La Ceiba. On prend l’autobus dans lequel on détonne une fois de plus avec notre chaise de plage parmi les locaux endimanchés pour leur visite à l’église. Heureusement, en quelques minutes on est rendu.


L’endroit est en fait un vaste domaine aménagé joliment et qui sert à plusieurs usages. Il s’agit d’un lieu de passage pour accéder à la mer, on y retrouve un restaurant, mais c’est aussi un complexe de rassemblement familial autour d’une rivière aménagée. Plusieurs Honduriens avaient d’ailleurs envahi les champas pour des fêtes d’enfants.Nous commençons par manger des plats typiques, poulet, bœuf et baleadas complétés par des ajouts achetés de vendeurs itinérants qui sont légion dans l’endroit. 

On déguste ainsi des épis de maïs grillés sur le feu, du pain au lait de coco et une pipa que les enfants se sont achetés tout seul, en pratiquant leur espagnol avec le vendeur.
Une fois la ripaille complétée, on se dirige vers la rivière. Sur près de deux cents mètres, sous un dense couvert forestier, coule une eau froide dans un lit bétonné. Les abords sont aménagés de bancs et de tables sur lesquelles on retrouve des familles et des groupes d’amis avec des pique-niques immenses. Tout un chacun se baigne (tout habillé!!!), les enfants jouent à sauter d’un petit pont et y règne, de façon générale, une ambiance légère des plus agréables.

 On se baigne avec les enfants tout en faisant une grande étude sociologique devant autant de sujets aussi intéressants. Romane décide, quant à elle de sauter de la passerelle ce qui n’est pas sans rajouter une quantité phénoménale de regards et de commentaires à notre sujet. Il est difficile pour nous de passer inaperçu dans une foule de 200 locaux; même 40 jours de bronzage n’ont pas réussi à nous camoufler. Jules s’est quand même fait un ami en jouant au soccer et ils alternent entre football et baignade. Les filles courent même après lui pour le prendre en photo!
En fin de journée, on est rentré chez nous avec le sentiment d’avoir passé l’après-midi au parc. Ce fut une sortie charmante que nous devrons répéter.

El Cacao (Cacao Lagoon)



Jour 45 (samedi le 3 mars)

Aujourd’hui, nous partons à l’assaut du Cacao Lagoon. Cet écosystème composé de mangroves est situé de l’autre côté d’une petite communauté nommée El Cacao qui survit grâce à la culture du fruit du même nom. Les guides touristiques que nous avons ne parlent pas de cette destination, mais les locaux sont unanimes pour en faire une étape régionale à ne pas manquer.
À peu près huit kilomètres à l’est de chez nous, on a aucun problème (remarquez notre acclimatation aux routes et directions!) à trouver l’embranchement qui nous amène, en 2 kilomètres, au centre de presque rien qui est, à coup sûr, le centre-ville de Cacao. Un peu perdus et hésitants devant un embranchement, un groupe nous pointe sans retenue une direction que nous empruntons sans nous questionner sur les intentions dudit groupe. Une petite minute plus tard, on s’aperçoit qu’un homme nous suit en vélo. Comme le chemin est dans un état hondurien classique, c'est-à-dire cabossé, il n’a aucune peine à suivre le rythme de notre voiture.
La route aboutit à un quai qui surplombe une sorte de marécage et nous sommes forcés d’arrêter. C’est alors que notre poursuivant vient s’identifier et nous proposer un tour de bateau sur la rivière. Rafael nous demande trente dollars US par personne (180$) pour trois heures de bateau et comme nous nous étouffons devant le prix, il revise le tout pour finir par accepter 75 dollars. On le suit sur le quai et on découvre que notre excursion se fera dans un genre de bateau tout droit sorti d’un album de Tintin.

Pendant que Rafael se met les pieds dans l’eau vaseuse pour approcher le bateau du quai, un autre dude arrive avec deux avirons et de l’eau. On rencontre Delmer qui s’avérera être davantage notre guide alors que Rafael sera apprécié surtout pour sa force d’aviron. Une fois installé dans la barque, on emprunte le canal aux bateaux pour aboutir dans le lagon. De petite dimension, et bordé de mangles rouges aux longues racines qui pendent on a l’impression d’arriver sur un petit lac qui donne sur la mer. Comme à Cuero y Salado, on longe la forêt en cherchant de la vie. Delmer nous explique toute l’importance du lagon dans la vie de la communauté et pour la vie piscicole et aviaire de ce joli écosystème.
Nous pénétrons ensuite dans des canaux qui sont, pour nous, invisibles parce que dissimulés derrières des touffes de mangles mais que nos guides connaissent parfaitement. La promenade silencieuse dans ces bras de marécage a un côté magique et l’atmosphère qui règne est propre à un grand moment de découverte. On y a passé un peu moins de deux heures et même si on y a pas vu une grande quantité d’animaux, le sentiment de glisser sur l’eau silencieusement au milieu de la jungle était vraiment particulier. Les singes endormis avec les pattes pendantes de chaque côté des branches qui leur tiennent lieu de lit, valaient aussi le détour. 
Notre visite s’est terminée au confluent du lagon et de la mer que les habitants appellent « la porte ». En fonction du niveau d’eau du lagon et des canaux pendant la saison des pluies, les deux éléments s’unissent et la mer pénètre dans le lagon en faisant ainsi un lieu de nidification rêvé pour plusieurs espèce de poissons. On a flâné sur la plage de « la porte » en regardant Cayos Cochinos, environ 15 kilomètres au large, puis on est rentré au quai.

On a fait un arrêt tardif dans un restaurant de bord de route entre chez nous et La Ceiba qui offrait des tables à l’ombre de « champas ». On y a trouvé de tout pour tous : nourriture, hamacs, télévision avec match de foot et bières particulièrement fraîches. Une fois restaurés, on a ramené notre voiture de schtroumpf et on a profité d’un lift de retour dans un Pick up climatisé de l’entreprise de location. Même s’il faisait chaud et qu’on avait passé une partie de la journée à cuire sur l’eau, on a de nouveau pu constater que le climatisation n’est pas pour nous, mais qu’ici, en faire démonstration est un signe de richesse; qu’est-ce que tu veux? Quand t’es né au pour un petit pain…

Jour 44 (vendredi 2 mars) 

Un scorpion qui  prend sa marche du soir  !
En prévision du week-end, on entreprend une petite expédition à La Ceiba pour se louer une belle voiture. La chance nous frappe en sortant de Mango Tree et on attrape un taxi qui s’en retourne en ville et qui, pour rentabiliser son retour, ne nous demande que 80 lempiras (4$) pour sa course alors que c’est habituellement entre 200 et 300. Il est même assez gentil pour passer à la maison et prendre nos caisses de bières vides et nos bouteilles d’eau toutes aussi vides.
On débarque chez  nos amis (!!!) d’Econo, mais on se fait rapidement expliquer qu’ils n’ont pas, pour l’instant, de voiture pour nous. On leur laisse notre panoplie de bouteilles vides et on part faire nos courses. Après le traditionnel Claro, le centre d’achat et une crème glacée pour se rafraîchir, on se divise en deux groupes pour maximiser nos commissions. Marie-Claude, Colin et Marine se dirigent vers le marché pour pallier le manque de goût dans le choix paternel du hamac et les trois autres prennent la direction de Biciclos et de la rue des cordonniers pour faire réparer le ballon de soccer; ben oui, ils réparent ça ici!

MC a décidé de jardiner... faut maintenant transporter l'héliconia...
On se retrouve une heure plus tard au centre d’achat et on fait une épicerie familiale avant de retourner attendre chez Econo. En sortant, chargés de nos emplettes, la charmante Kayli de chez notre non moins charmant locateur de voitures nous appelle pour nous dire qu’elle nous a dégoté une rutilante Hyundai i10 : « plus petite que petite » est surement le slogan pour sa mise en marché! Au moment de remplir les papiers de location, on s’aperçoit qu’on a bêtement laissé carte de crédit et permis de conduire à la maison… Poche! Olbin, chauffeur de son métier, vient alors nous reconduire à la maison et Charles retourne avec lui à La Ceiba remplir les documents nécessaires.
Tous ces efforts ont fini par porter fruit et, une fois seul à bord du bolide, on a pu quérir bière et eau pour assurer une saine désaltération familiale. On pourra aussi, de façon accessoire, partir en excursion demain!


Jour 43 (jeudi 1er mars)

Ce matin, on a cru que le lave-linge était brisé, mais les enfants ont vite découvert que c’était parce qu’il n’y avait pas d’électricité. Comme c’était la journée officielle du lavage des lits avec en prime la station au gros soleil pour les matelas (question de tuer les bestioles qui s’y logent) ça nous a un peu coupé l’herbe sous le pied. Ici, comme au Costa Rica, les pannes de courant sont fréquentes, mais ce sont de brèves interruptions de quelques secondes sans plus. Malheureusement pour nos grandes aspirations de nettoyage, cette panne-ci semblait vouloir se prolonger.

À défaut de pouvoir cuisiner on s’est payé un lunch chez Pollos Nicolle, à côté de chez-nous et on a profité de l’occasion pour se présenter et faire un brin de causette avec Reina, une des deux propriétaires. Une bonne grand-maman gentille et accueillante qui a bien essayé de nous convaincre de nous établir ici.
Puis, à l’heure de l’apéro, l’électricité est revenue. Suffisait de dire que ça prenait un apéro pour rétablir la chose, on l’aurait fait bien avant! On a donc bousculé le souper au profit du lavage des draps parce que les matelas, eux, avaient chauffé au soleil. Comme une famille normale, on s’est tous couché dans des draps propres et des matelas décontaminés, en fermant la lumière, bien sûr avant de s’endormir…

La femme de ménage


Jour 41 (mardi le 28 févier) 

On s’est levé tôt parce qu’après 40 jours dans notre maison, on a décidé de se payer le luxe d’une femme de ménage. En arrivant, MINS nous avait fortement suggéré, par mesure de sécurité, évidemment, de n’engager que des gens qu’il connaissait. La semaine dernière, le gardien de sécurité de Mango Tree s’est drapé d’une insistance soutenue pour que nous engagions une jeune fille du village qu’il connaît pour faire ménage et cuisine. Informé de la situation, Tony a pris les choses en main et nous a programmé une journée à deux femmes de ménage : celle dont il retient les services normalement et celle que le gardien recommandait. Une pour le haut et une pour le bas. Méchante villa direz-vous! On ne savait pas qu’on avait tant de pieds carrés à décrasser…

À huit heures, sur le pas de notre porte, on rencontre Laetitia, la nouvelle, et on apprend du même coup que l’autre s’est évaporée comme une moucharde. MINS organise donc la journée de travail de la vaillante et lui montre ce qu’il y a à faire. Avant de quitter, il nous formule ses recommandations : surveiller le travail de notre ménagère, lui fournir un lunch d’une demie-heure et la payer 200 lempiras (10$) à 16h30 pour qu’elle revienne compléter le tout demain.

Notre rue
À 12h30 après avoir nettoyé l’étage et sommairement entamé le rez-de-chaussé, Laetitia déclare sa journée de travail complète, refuse notre lunch et réclame ses 200 lempiras. Pris de court, on appelle Tony et on essaie de trouver du change pour un billet de 500 lempiras parce qu’elle refuse de se faire payer en totalité demain. Comme on se met nous même à table, on offre, un peu pour la retenir, un baleadas et des crudités à celle qui tente de nous fausser compagnie en attendant que le MINS national rapplique.

Laetitia erre dans la maison en mangeant son repas et quand Tony finit par téléphoner, elle disparaît dans le garage avec le téléphone et son assiette. Quand elle revient pour que nous parlions à l’entremetteur, son assiette est vide. MINS nous fait comprendre que la décision est sans appel et qu’elle reviendra demain compléter ce qui reste à faire.  On la paye donc et lui donnons rendez-vous demain matin. Entre temps, Marine l’enquêteuse fait l’inspection des travaux et découvre que la gentille Laetitia ne rencontre pas ses standards de propreté. En y regardant de plus près, on découvre nous aussi que le ménage s’est fait un peu vite et qu’elle devra s’y remettre demain. 

 Même Tony est d’accord pour dire qu’on n’est pas devant l’œuvre d’une vie; c’est tout dire venant d’un gars qui est incapable de passer l’aspirateur dans une piscine plus d’une fois par mois…
Le lendemain matin à huit heures Tony est venu prendre un café et nous annoncer qu’il n’y aurait pas de prise deux pour le ménage. Laetitia s’est évaporée tout comme notre désir d’avoir une femme de ménage. On devra donc se mettre aux guenilles, même en vacances, si on ne veut pas avoir à payer les frais de déplacement de Qualinet avant notre départ…
Pour anecdote : on a compris l’assiette vide de Laetitia quand on a retrouvé ses crudités jetées dans le gazon devant la maison… Des légumes? Pour quoi faire?