mercredi 7 mars 2012

El Cacao (Cacao Lagoon)



Jour 45 (samedi le 3 mars)

Aujourd’hui, nous partons à l’assaut du Cacao Lagoon. Cet écosystème composé de mangroves est situé de l’autre côté d’une petite communauté nommée El Cacao qui survit grâce à la culture du fruit du même nom. Les guides touristiques que nous avons ne parlent pas de cette destination, mais les locaux sont unanimes pour en faire une étape régionale à ne pas manquer.
À peu près huit kilomètres à l’est de chez nous, on a aucun problème (remarquez notre acclimatation aux routes et directions!) à trouver l’embranchement qui nous amène, en 2 kilomètres, au centre de presque rien qui est, à coup sûr, le centre-ville de Cacao. Un peu perdus et hésitants devant un embranchement, un groupe nous pointe sans retenue une direction que nous empruntons sans nous questionner sur les intentions dudit groupe. Une petite minute plus tard, on s’aperçoit qu’un homme nous suit en vélo. Comme le chemin est dans un état hondurien classique, c'est-à-dire cabossé, il n’a aucune peine à suivre le rythme de notre voiture.
La route aboutit à un quai qui surplombe une sorte de marécage et nous sommes forcés d’arrêter. C’est alors que notre poursuivant vient s’identifier et nous proposer un tour de bateau sur la rivière. Rafael nous demande trente dollars US par personne (180$) pour trois heures de bateau et comme nous nous étouffons devant le prix, il revise le tout pour finir par accepter 75 dollars. On le suit sur le quai et on découvre que notre excursion se fera dans un genre de bateau tout droit sorti d’un album de Tintin.

Pendant que Rafael se met les pieds dans l’eau vaseuse pour approcher le bateau du quai, un autre dude arrive avec deux avirons et de l’eau. On rencontre Delmer qui s’avérera être davantage notre guide alors que Rafael sera apprécié surtout pour sa force d’aviron. Une fois installé dans la barque, on emprunte le canal aux bateaux pour aboutir dans le lagon. De petite dimension, et bordé de mangles rouges aux longues racines qui pendent on a l’impression d’arriver sur un petit lac qui donne sur la mer. Comme à Cuero y Salado, on longe la forêt en cherchant de la vie. Delmer nous explique toute l’importance du lagon dans la vie de la communauté et pour la vie piscicole et aviaire de ce joli écosystème.
Nous pénétrons ensuite dans des canaux qui sont, pour nous, invisibles parce que dissimulés derrières des touffes de mangles mais que nos guides connaissent parfaitement. La promenade silencieuse dans ces bras de marécage a un côté magique et l’atmosphère qui règne est propre à un grand moment de découverte. On y a passé un peu moins de deux heures et même si on y a pas vu une grande quantité d’animaux, le sentiment de glisser sur l’eau silencieusement au milieu de la jungle était vraiment particulier. Les singes endormis avec les pattes pendantes de chaque côté des branches qui leur tiennent lieu de lit, valaient aussi le détour. 
Notre visite s’est terminée au confluent du lagon et de la mer que les habitants appellent « la porte ». En fonction du niveau d’eau du lagon et des canaux pendant la saison des pluies, les deux éléments s’unissent et la mer pénètre dans le lagon en faisant ainsi un lieu de nidification rêvé pour plusieurs espèce de poissons. On a flâné sur la plage de « la porte » en regardant Cayos Cochinos, environ 15 kilomètres au large, puis on est rentré au quai.

On a fait un arrêt tardif dans un restaurant de bord de route entre chez nous et La Ceiba qui offrait des tables à l’ombre de « champas ». On y a trouvé de tout pour tous : nourriture, hamacs, télévision avec match de foot et bières particulièrement fraîches. Une fois restaurés, on a ramené notre voiture de schtroumpf et on a profité d’un lift de retour dans un Pick up climatisé de l’entreprise de location. Même s’il faisait chaud et qu’on avait passé une partie de la journée à cuire sur l’eau, on a de nouveau pu constater que le climatisation n’est pas pour nous, mais qu’ici, en faire démonstration est un signe de richesse; qu’est-ce que tu veux? Quand t’es né au pour un petit pain…

Jour 44 (vendredi 2 mars) 

Un scorpion qui  prend sa marche du soir  !
En prévision du week-end, on entreprend une petite expédition à La Ceiba pour se louer une belle voiture. La chance nous frappe en sortant de Mango Tree et on attrape un taxi qui s’en retourne en ville et qui, pour rentabiliser son retour, ne nous demande que 80 lempiras (4$) pour sa course alors que c’est habituellement entre 200 et 300. Il est même assez gentil pour passer à la maison et prendre nos caisses de bières vides et nos bouteilles d’eau toutes aussi vides.
On débarque chez  nos amis (!!!) d’Econo, mais on se fait rapidement expliquer qu’ils n’ont pas, pour l’instant, de voiture pour nous. On leur laisse notre panoplie de bouteilles vides et on part faire nos courses. Après le traditionnel Claro, le centre d’achat et une crème glacée pour se rafraîchir, on se divise en deux groupes pour maximiser nos commissions. Marie-Claude, Colin et Marine se dirigent vers le marché pour pallier le manque de goût dans le choix paternel du hamac et les trois autres prennent la direction de Biciclos et de la rue des cordonniers pour faire réparer le ballon de soccer; ben oui, ils réparent ça ici!

MC a décidé de jardiner... faut maintenant transporter l'héliconia...
On se retrouve une heure plus tard au centre d’achat et on fait une épicerie familiale avant de retourner attendre chez Econo. En sortant, chargés de nos emplettes, la charmante Kayli de chez notre non moins charmant locateur de voitures nous appelle pour nous dire qu’elle nous a dégoté une rutilante Hyundai i10 : « plus petite que petite » est surement le slogan pour sa mise en marché! Au moment de remplir les papiers de location, on s’aperçoit qu’on a bêtement laissé carte de crédit et permis de conduire à la maison… Poche! Olbin, chauffeur de son métier, vient alors nous reconduire à la maison et Charles retourne avec lui à La Ceiba remplir les documents nécessaires.
Tous ces efforts ont fini par porter fruit et, une fois seul à bord du bolide, on a pu quérir bière et eau pour assurer une saine désaltération familiale. On pourra aussi, de façon accessoire, partir en excursion demain!


Jour 43 (jeudi 1er mars)

Ce matin, on a cru que le lave-linge était brisé, mais les enfants ont vite découvert que c’était parce qu’il n’y avait pas d’électricité. Comme c’était la journée officielle du lavage des lits avec en prime la station au gros soleil pour les matelas (question de tuer les bestioles qui s’y logent) ça nous a un peu coupé l’herbe sous le pied. Ici, comme au Costa Rica, les pannes de courant sont fréquentes, mais ce sont de brèves interruptions de quelques secondes sans plus. Malheureusement pour nos grandes aspirations de nettoyage, cette panne-ci semblait vouloir se prolonger.

À défaut de pouvoir cuisiner on s’est payé un lunch chez Pollos Nicolle, à côté de chez-nous et on a profité de l’occasion pour se présenter et faire un brin de causette avec Reina, une des deux propriétaires. Une bonne grand-maman gentille et accueillante qui a bien essayé de nous convaincre de nous établir ici.
Puis, à l’heure de l’apéro, l’électricité est revenue. Suffisait de dire que ça prenait un apéro pour rétablir la chose, on l’aurait fait bien avant! On a donc bousculé le souper au profit du lavage des draps parce que les matelas, eux, avaient chauffé au soleil. Comme une famille normale, on s’est tous couché dans des draps propres et des matelas décontaminés, en fermant la lumière, bien sûr avant de s’endormir…

La femme de ménage


Jour 41 (mardi le 28 févier) 

On s’est levé tôt parce qu’après 40 jours dans notre maison, on a décidé de se payer le luxe d’une femme de ménage. En arrivant, MINS nous avait fortement suggéré, par mesure de sécurité, évidemment, de n’engager que des gens qu’il connaissait. La semaine dernière, le gardien de sécurité de Mango Tree s’est drapé d’une insistance soutenue pour que nous engagions une jeune fille du village qu’il connaît pour faire ménage et cuisine. Informé de la situation, Tony a pris les choses en main et nous a programmé une journée à deux femmes de ménage : celle dont il retient les services normalement et celle que le gardien recommandait. Une pour le haut et une pour le bas. Méchante villa direz-vous! On ne savait pas qu’on avait tant de pieds carrés à décrasser…

À huit heures, sur le pas de notre porte, on rencontre Laetitia, la nouvelle, et on apprend du même coup que l’autre s’est évaporée comme une moucharde. MINS organise donc la journée de travail de la vaillante et lui montre ce qu’il y a à faire. Avant de quitter, il nous formule ses recommandations : surveiller le travail de notre ménagère, lui fournir un lunch d’une demie-heure et la payer 200 lempiras (10$) à 16h30 pour qu’elle revienne compléter le tout demain.

Notre rue
À 12h30 après avoir nettoyé l’étage et sommairement entamé le rez-de-chaussé, Laetitia déclare sa journée de travail complète, refuse notre lunch et réclame ses 200 lempiras. Pris de court, on appelle Tony et on essaie de trouver du change pour un billet de 500 lempiras parce qu’elle refuse de se faire payer en totalité demain. Comme on se met nous même à table, on offre, un peu pour la retenir, un baleadas et des crudités à celle qui tente de nous fausser compagnie en attendant que le MINS national rapplique.

Laetitia erre dans la maison en mangeant son repas et quand Tony finit par téléphoner, elle disparaît dans le garage avec le téléphone et son assiette. Quand elle revient pour que nous parlions à l’entremetteur, son assiette est vide. MINS nous fait comprendre que la décision est sans appel et qu’elle reviendra demain compléter ce qui reste à faire.  On la paye donc et lui donnons rendez-vous demain matin. Entre temps, Marine l’enquêteuse fait l’inspection des travaux et découvre que la gentille Laetitia ne rencontre pas ses standards de propreté. En y regardant de plus près, on découvre nous aussi que le ménage s’est fait un peu vite et qu’elle devra s’y remettre demain. 

 Même Tony est d’accord pour dire qu’on n’est pas devant l’œuvre d’une vie; c’est tout dire venant d’un gars qui est incapable de passer l’aspirateur dans une piscine plus d’une fois par mois…
Le lendemain matin à huit heures Tony est venu prendre un café et nous annoncer qu’il n’y aurait pas de prise deux pour le ménage. Laetitia s’est évaporée tout comme notre désir d’avoir une femme de ménage. On devra donc se mettre aux guenilles, même en vacances, si on ne veut pas avoir à payer les frais de déplacement de Qualinet avant notre départ…
Pour anecdote : on a compris l’assiette vide de Laetitia quand on a retrouvé ses crudités jetées dans le gazon devant la maison… Des légumes? Pour quoi faire?

Jour 40 (lundi 27 février)

Beau matin ensoleillé si typique depuis notre arrivée. On démarrait notre journée tranquillement en attendant que le café soit prêt quand on a entendu cogner à notre porte. Dante’, en route pour La Ceiba, est arrêté offrir un lift et une visite du marché. Depuis quelque temps, son Paraiso Encantrado roule à bloc et on l’avait un peu perdu de vue. Sautant sur l’occasion et dans ses shorts, Charles prend place dans le Land cruiser et part dans une autre aventure… Tout juste en arrivant sur la grande route, le moteur se met à chauffer et on arrête chez Pollos Nicolle pour mettre 2 gallons (!!!) d’eau dans le radiateur et apaisé le feu qui s’y préparait.
Arrêt à la boulangerie qui ne vend toujours pas de baguette, puis au Pays où on se fait une grande épicerie avant d’aller arpenter les rues du marché. La cueillette fut fructueuse, on revient avec un Pargo de 7 livres ainsi que 8 livres de conque d’une fraîcheur remarquable. 

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On achète aussi un deuxième hamac pour meubler le tour de la piscine de même que plusieurs légumes et même des mangues rouges qui sont enfin arrivées! On retrouve beaucoup de manguiers ici, mais la floraison vient de se terminer et Il faudra attendre encore quelques mois pour les mangues locales : nous qui nous cherchions une bonne excuse pour rester ici!

De retour à la maison, on découvre que le régime de petites bananes qui pousse tout près de la maison est prêt et c’est avec une joie indescriptible que nous retrouvons enfin le goût si incomparable de ces fruits fraîchement cueillis. Les bananes ici sont déjà bonnes, presque rien à voir avec celles qu’on reçoit chez-nous, mais fraîches, c’est une toute autre histoire. Chair ferme, goût d’une subtilité rare avec une petite pointe délicate de sucre; exceptionnel!
En après-midi on est allé acheter de la corde à Sambo Creek pour attacher notre nouveau hamac avant de se faire un autre régal, aux conques cette fois. La vie centre américaine est difficile pour les gourmands chanceux, on vous l’assure!

lundi 5 mars 2012

La muchacha a la Ceiba


Jour 39 (dimanche 26 février) 

Petite journée tranquille. Tellement tranquille que c’est le moment idéal pour se créer des besoins! La muchacha de la smala décide qu’un second hamac est nécessaire à l’harmonie  de la famille de même que trois bouées gonflables pour la piscine parce qu’elle en a ras le ponpon d’entendre les enfants se chicaner l’unique «life saver» géants avec des imprimés de dalmatiens. On a aussi  besoin de crème solaire et ça, on ne badine pas avec ça, surtout par un dimanche après-midi pluvieux… Ça y est, tout à coup, ça vaut le déplacement à La Ceiba même s’il est 14h! Cependant, puisque les enfants n’ont pas fait la sieste depuis des lunes et que leur humeur s’apparente à celle d’une bande de terroristes assoiffés, la commissionnaire en manque de réalisation décide de faire une aventurière d’elle-même et d’affronter la grande ville… seule. 
Dilemme : encaisser les klaxons, les sifflements, les vendeurs insistants et les demandes d’émigration ou se calfeutrer dans ses écouteurs avec un iPhone qui fait état de richesse et qui invite au vol? À Rome on fait comme les Romains, alors à La Ceiba on affronte les machos! La reine du magasinage esseulé quitte donc la maison toujours indécise quant à son moyen de transport : taxi ou bus local? Le premier qui pointera le bout de son moteur sera son carrosse!
L’escapade s’annonce bien puisque l’autobus arrive à Sambo Creek en même temps que la muchacha. Le trajet est exempt de toute tentative d’intrusion à la vie privée; faut dire que lire du Tremblay à côté d’une mère qui allaite, ça dissuade pas mal le harcèlement. Arrivée à La Ceiba, MC commence par le grand centre d’achat question de s’acclimater et se garde le dédale du marché public pour la fin. Les rues sont désertes, les machos se font attendre et les vendeurs doivent être à l’église. Il n’y a que les taxis, qui, fidèles à leur habitude, klaxonnent sans arrêt pour offrir leur service. Alors faut pas devenir parano : dans la vie comme au football, quand les gars sont en caucus, ils ne parlent pas nécessairement de vous…

Belle découverte après 30 minutes de marche pour aller quérir un hamac dans le labyrinthe du marché : le dimanche tout est fermé… sauf le centre d’achat! Retour donc au point de départ alors que le soleil amorce sa descente. Après 50 minutes à attendre l’autobus, dont les 15 dernières sous la pluie, la muchacha se dit qu’elle vaut bien les 200 lempiras (10$) d’un taxi. Quel bonheur alors de voir un vieux pet lui offrir ses services. Sambo Creek semblait à l’autre bout du monde pour lui et son expression laissait clairement voir sa déception de s’être annoncé.  En route, il maugrée contre la pluie et la pénombre qui l’empêche de voir les trous. La déconfiture atteint son apogée quand il roule dans un cratère.  Le vieux pet sort de son char (un bien grand mot) et rembarque en pestant tellement que la muchacha comprend que ça va prendre une bonne demi-heure de plus, le temps qu’il répare sa crevaison. Ben non, vieux pet poursuit sa route, aussi déglonflé que son pneu et en se plaignant autant que la jante sur la route. Au final, les courses infructueuses ont quand même réjoui les 4 tout-nus blonds qui étaient fous de joie devant leurs nouvelles bouées cheap achetées au centre d’achat… Pour le 2e hamac cependant, il faudra attendre.

vendredi 2 mars 2012

Réserve Sylvestre de Cuero y Salado


Jour 38 (samedi 25 février)

On a réussi à se lever à une heure respectable pour des gens qui veulent accomplir de grandes choses et, après une routine matinale écourtée, on s’est empilé dans notre minivoiture pour gagner la Réserve Sylvestre de Cuero y Salado. Il nous faut tout d’abord nous rendre dans les environs du petit village d’El Pino que nous avons découvert la semaine dernière et, selon la carte que les gens de la FUCSA nous ont remise, tourner à droite entre deux champs d’ananas. Comme cette région n’est qu’un vaste champ d’ananas et que chaque route qui les traverse a l’air aussi poussiéreuse qu’inempruntée, on passe tout droit et on fini par devoir retourner sur non pas par une route secondaire de gravier et poussière. Celle-ci nous mène au cœur du bled de La Union dans lequel il nous est assez facile de trouver le point de départ (l’utilisation du terme gare serait exagérée!) d’un ancien chemin de fer.
 Il s’agit en fait d’une voie ferrée jadis utilisée par la compagnie Dole, toujours bien présente dans les environs (les ananas!). Le train de deux wagons sert maintenant de seul moyen de transport pour atteindre la petite communauté résidant au confluent de la mer et des rivières Cuero et Salado. Le passage familial nous coûte quand même 500 lempiras (25$) et le cliquetis des rails nous mène, en 45 minutes, à travers champs, maisons et marécages à notre destination. 
On croise même un troupeau de vaches qui ne se formalise aucunement de la présence de notre petit train dans leurs vacations. Les enfants sont fascinés pas la traverse à ras le coup du troupeau pendant que notre wagon emprunte,lui, un petit pont.

En débarquant, on se rapporte à l’accueil de la Réserve et on rencontre une Hondurienne de Tegucigalpa qui a étudié à Marseille et qui est bien heureuse de pratiquer son français, sans accent svp! 

Une fois les droits d’accès au site payés et les services d’un guide et d’un pilote pour le bateau retenus (1200 lempiras, 60$), on écoule la demi-heure de battement avant le début de notre visite par un petit arrêt sur la plage. L’endroit est désert, propre et le vent chaud vient s’ajouter au soleil de plomb pour nous plonger dans un état de lenteur et de contemplation tout à fait délicieux. Comme tout bon moment est éphémère, on retourne vers le quai de la rivière et on prend place dans un petit bateau d’aluminium avec son pilote et notre guide. 
Le bateau se déplace lentement sur les canaux en longeant les arbres, d’impressionnantes mangles rouges dont les racines, aériennes en grande partie, plongent dans l’eau depuis les branches. Nos guides scrutent la forest et l’eau pour y repérer une faune qui, même sous le soleil de midi, se laisse voir. Nous avons arpenté les mangroves pendant deux heures et y avons vu des iguanes, plusieurs types d’oiseaux pêcheurs dont un a attrapé un poisson devant nous, des crocodiles, une tortue qui se chauffait sur une grosse roche, plusieurs morphos bleus, deux toucans ainsi que des singes hurleurs et capucins. 

Les explications du guide étaient utiles sans être soûlantes et les attractions se succédaient à un rythme propre à garder les enfants attentifs. Même Marie-Claude a été un peu rassasiée de morpho, de toucans et de singes. En descendant du bateau, on a repris le train, bondé cette fois, pour regagner notre auto.
Dans le stationnement, on a découvert que le conducteur de train était aussi un « pusher » de pipa, et on s’est fait un devoir de s’abreuver d’un délicieux fruit vert et orange avant de se lancer sur une nouvelle route de poussière. On a finalement trouvé le chemin recherché plus tôt entre deux champs d’ananas et en arrivant sur la grande route, on s’est une fois de plus trompé de côté en cherchant un restaurant que nous avions repéré ce matin… 

Décidément, cette route n’a aucun sens pour nous!
Le restaurant en question était un genre de petit complexe avec piscine, bar, salle à manger, terrains de soccer et de volleyball, hamac, balançoires et tables sous des toits de chaume. Les parents se sont donc attablés sous une « champa » et les enfants sont disparus pour profiter de tant d’offres de jeux. On s’est littéralement régalé de poisson frit, entier et en filet, et de crevettes frites et à l’ail. Ce fut un repas tout en tranquillité qui cadrait à merveille avec le côté contemplatif de la visite que nous venions de compléter.
On est rentré à La Ceiba dans un embouteillage monstre et on a tout juste eu le temps d’aller chez Claro faire configurer notre deuxième ordinateur pour notre « nouvelle » connexion internet et de s’approvisionner en bière au dépôt à glissoire rigolote. En rentrant chez nous, on a trouvé le moteur de la piscine qui ne marchait plus et, devant le spectre du retour de la piscine verte, Charles est allé demander à Doug, le voisin canadien, de venir tenter une manœuvre de réanimation sur la pompe. En une heure, éclairés à la lampe de poche, la pompe fut démontée, le problème identifié et une solution temporaire mise en place : maintenant, il faut faire un court-circuit sur la pompe avec un tournevis pour la mettre en marche! Notre désoeuvré voisin en a profité pour coller sur le bord de la piscine pendant les trois heures qui ont suivies, mais sa conversation pragmato-philosophique de Canadien exilé a quand même été rafraîchissante. On n’a quand même pas pleuré son départ, mais on lui est reconnaissant d’avoir pris le temps de préserver le bleu de notre piscine, surtout que ce n’est pas Tony qui se serait donné ce mal!