mercredi 8 février 2012


Jour 13 (mardi 31 janvier)

Après un déjeuner aux Corn Flakes et aux Frosted Flakes, (l’approvisionnement d’hier a clairement amélioré la qualité des déjeuners…) les enfants sont sortis profiter de leurs vélos avant de commencer l’école. Quatre enfants qui roulent et qui s’amusent dans un environnement comme le nôtre, ça met de la vie! Cette virée leur a permis de se dépenser un peu et l’école ne s’en est que mieux passée.




Après le dîner, comme on tergiversait sur le choix d’activité pour l’après-midi en raison d’une météo des plus changeantes, les cyclistes ont remis ça à leur agenda. On les a accompagnés à l’avant de la maison et ça nous a permis de croiser Tony qui sortait de chez lui. Il a toujours l’air un peu surpris de nous voir et des fois, même, un peu embêté, comme si on interrompait quelque chose. Comme nous constituons l’essentiel de sa définition de tâche de gardiennage de maison, il n’a pas trop le choix de nous parler, un peu. Il faut croire que le morceau de poisson est le verre de vin que nous lui avons offerts hier soir ont porté fruit parce que cette fois, il se dégêne un peu et ose même demander de l’aide pour réparer sa toilette. Charles est plus qu’heureux de partager ses velléités de plombier avec lui et use de toute sa science pour décrocher la chainette qui retient le clapet à la poignée… décidément, on ne nait pas tous égaux devant les cuvettes! Qu’importe, c’est un autre pas franchi dans notre grand effort d’apprivoisement.


Finalement, les nuages gris nous incitent à rester chez nous et on se dit qu’une sieste ne nuira surement pas à l’humeur générale des troupes. Sage décision, car pendant ce repos, on a eu droit à un vrai orage tropical! Des trombes d’eau ont déferlé sur nous l’espace de quelques minutes seulement. Marie-Claude, qui était alors dans la piscine, a eu le temps de voir venir la chose et on a tout juste eu le temps de vider les cordes à linge des vêtements secs qui les occupaient. Ces orages sont toujours très surprenants et même si la pluie est moins chaude qu’au Costa Rica, leur authenticité ne fait que décupler notre bonheur de se sentir loin de chez nous.

La pluie s’est poursuivie, plus finement, une partie de la soirée, et on a donc concentré nos activités à l’intérieur mais on a quand même pu terminer notre journée au sec et selon notre habitude, sur notre grand balcon à l’étage. Vive le climat tropical humide!

mardi 7 février 2012

Les courses avec Dante'

Jour 12 (lundi 30 janvier)

Hier après-midi, en passant chez Dante’, on s’est entendu pour faire une virée de ravitaillement en ville ce matin. Comme il tient un restaurant et que ses affaires vont bien, le plein de denrées fraîches est devenu une de ses spécialités depuis quatre ans et nous espérons vivement bénéficier de ses bonnes adresses. Attablés avec les enfants à faire l’école peu après 9h, on voit Dante’ et son camion, aussi unique en leur genre l’un que l’autre, passer devant la maison. Un coup de fil nous confirme qu’il est l’heure de l’expédition. Le temps de ramasser nos sacs et nos bouteilles vides (eau et bières!) et Charles prend place dans le Toyota Land Cruiser des années 1980 de notre voisin pirate.
Il s’agit d’un vrai Land Cruiser, genre safari africain, avec, à l’arrière, des bancs qui se font face sur la longueur du véhicule. À l’avant, on se croirait dans un tank et notre Eurovan est d’une discrétion totale en comparaison du bruit que laisse échapper l’énorme moulin caché sous le capot. L’engin nécessite une clé pour démarrer, mais il faut l’éteindre, comme les anciens tracteurs, en tirant une manette dans le tableau de bord!  Bref, l’aventure s’annonce authentique…

On commence par arrêter chez Biciclos, où on a acheté les vélos samedi, pour se procurer un petit adaptateur pour souffler les pneus. Ici, les valves de pneus ne sont pas toutes comme chez nous : certaines sont en fait des rajouts plus petits qui tiennent au moyen d’un anneau de serrage. Après moult débats et beaucoup d’insistance, LE commis allumé de la place nous fourgue une pièce à 10 lempiras (0.50$) au grand désarroi de sa prédécesseure qui, elle, était en train de nous vendre deux pompes, trois embouts, deux rallonges et pas la bonne pièce mais pour plus de 200 lempiras (10$)!
Arrêt au guichet HSBC pour soutenir financièrement la folie d’achats qui est sur le point de déferler sur nous puis on stationne le camion dans un stationnement gardé par un ami de Dante’. Coût de la garde : 1U$. On commence à déambuler dans les étals de fruits et légumes et en deux coins de rue, Dante’ est abordé par au moins six personnes. Il est remarqué de tous, salué et on vient le voir pour différentes choses; argent, conseil, rendez-vous, etc. Une certaine impression de marcher en compagnie de Don Corleone dans Little Italy commence à se faire sentir. Après quelques coins de rue, on entre dans la partie couverte du marché dans laquelle se trouvent toutes les boucheries. Dante’ sert du « hermano! », équivalent espagnol de « bro! », à tout le monde et commente tout ce qu’il voit. On finit par acheter des côtelettes de porc ahumada (requises par les enfants), et un énorme jambon frais coupé, sous nos yeux, à même la demi-carcasse.


Puis, on passe au département poisson. Cinq ou six kiosques sur un coin de rue avec des étals de poissons frais qui décongèlent. Comme il est tôt, l’odeur est plus supportable que dans les viandes… On arrête notre choix sur un « Robalo », snook en anglais ou brochet de mer en français et un « Pargo », snapper en anglais ou vivaneau en français qui semblent être de qualité. Deux kiosques plus loin, on trouve des conques fraîches dont deux livres devraient suffire à nourrir notre meute. En retournant à l’auto, on achète quelques légumes et quelques fruits, glanés en fonction de la qualité offerte, et on repart pour un genre de dépanneur de coin de rue qui vend des crevettes et des filets de poisson surgelés de grandes qualités selon notre guide. Il faut vraiment savoir que ce commerce offre ces produits pour s’y arrêter parce qu’il est situé loin de tout et rien n’annonce ce qu’on y achète sans crainte.

Nouveau tour de ville qui nous amène dans un dépôt de bière et dans les trois épiceries de gringos de la ville : Paiz, Mega (que nous connaissons déjà) et une troisième dans laquelle tout est organisé comme en Amérique du Nord mais où tout est au moins trois fois le prix! Paiz retient notre attention par le choix et la qualité de ses produits et on y fait le reste de nos emplettes. En ressortant, on fait un saut dans une pharmacie tenue par un docteur (vive la confusion des genres!) pour rencontrer, dixit Dante’, la référence médicale de la ville.
Vers 13h, on s’arrête dans LE restaurant de sushis de La Ceiba. On y retrouve Utila Phil et John, deux amis de vous devinez qui. John, ontarien, calme, aux manières discrètes est un instructeur de plongée installé sur Utila depuis 16 ans qui s’apprête à plier bagage pour aller travailler aux Bahamas. Tout en contraste, Utila Phil est un personnage plus grand que nature. Rastaquouère quinquagénaire et ventripotent, il est un vrai Yankee qui parle fort et fait tout pour épater la galerie. Il possède un bateau sur l’île d’Utila et est, semble t’il, associé dans une nouvelle business de traversier entre l’île et la terre ferme. Tout de cet individu fait bling bling! Sa bouche, ses gestes, ses bijoux. On va le reconduire au quai pour qu’il rentre sur Utila, et ça nous permet de voir le « port » de La Ceiba. Plutôt rudimentaire, mais on comprend qu’il s’y passe beaucoup d’action ET de transactions… En laissant notre passager, on retrouve le ronron du moteur qui est d’un calme apaisant en comparaison du flot incessant de paroles fades qui viennent de déferler sur nous.
On arrête acheter des pamplemousses ruby dans un stand le long de la route et on rentre tranquillement vers Sambo Creek. Le déchargement et le rangement de tout ce qu’on a acheté amènent des oh! et des ah! de découverte devant tant de nouvelles choses. On remercie chaudement Dante’ pour la virée et ses conseils et il nous promet de répéter l’expérience. Mais pourquoi louerait-on une voiture quand on peut abuser de la gentillesse des gringos locaux?
La sieste donne l’occasion de finir la clinique de réparation du vélo abîmé au grand bonheur des enfants qui ont maintenant une activité maison de plus dans leur éventail de jeux. Disons que Charles n’ouvrira pas un commerce de réparation de vélos, mais les ajustements faits semblent suffir à une utilisation sécuritaire des quatre nouvelles bicyclettes.

Pour le souper, on s’attaque au Pargo. Vu sa grosseur, on décide de le cuire au four en papillote. Assaisonné de ce qui traîne, sa longue cuisson cultive notre appétit et notre curiosité face au résultat. Ça en a valu le coût! On a tellement attendu ce premier poisson frais en plus de deux semaines, qu’on est tous satisfaits de la texture et du goût de la chair blanche de notre prise du marché. Enfin!
Tony passe nous saluer pendant le souper et on en profite pour lui faire goûter «la prise du jour». Il semble se dégêner envers nous et se permet même différents commentaires et explications savoureuses sur John et Utila Phil. Lentement, on peut commencer à penser qu’il pourrait presque devenir un ami… Ce sera long, mais on l’aura à l’usure et surtout par l’estomac…
Jour 11 (dimanche 29 janvier)

Ce petit dimanche matin s’annonçait sans histoire. On flânait autour de la piscine en se baignant et en sirotant un énième café. Charles essayait de se convaincre de ses talents de mécanicien de vélo histoire d’amasser assez de courage pour entreprendre la mise à niveau des quatre montures achetées hier à La Ceiba et dont certaines ont besoin de beaucoup d’amour... Soudain, notre quiétude familiale fut interrompue par une sonnerie de téléphone! La propriétaire de la maison nous a laissé son cellulaire, mais à part la sonnerie des messages textes que Claro, la compagnie de téléphone et d’internet, nous envoie pour s’assurer qu’on  ne l’oublie pas et pour maximiser la rentabilité des clients que nous sommes, la sonnerie d’un appel se fait rarement entendre.


On retrouve Jack de l’hôtel Helen’s au bout du fil. Il nous annonce qu’il a devant lui deux Québécoises qui nous cherchent. Il s’agit de Katia et son amie Myriam, toutes deux en vacances pour une semaine au Palma Real et à qui on avait demandé de pallier quelques oublis qu’on avait faits. Marie-Claude et Marine enfilent des chaussures et vont quérir les deux voyageuses chez Helen’s. On leur fait visiter notre super maison et on jase de choses et d’autres. Les deux filles ont quitté leur hôtel ce matin, les poches vides et nus pieds, pour aller jogger sur la plage; motivées, vous dites? Elles ont abouti plus rapidement qu’elles ne l’auraient cru au Helen’s et en ont profité pour nous faire signe : quelle bonne idée!
Sur les entrefaits, Tony se pointe et on en profite pour tenter d’éclaircir pourquoi le système d’alarme s’est déclenché vers 5h du matin la nuit dernière. Il nous dit que c’est probablement à cause d’une baisse de tension électrique. On en est quitte pour une petite chaleur parce que chercher un intrus dans la maison baignée d’obscurité au milieu de la nuit ne correspond pas tout à fait à notre définition d’une nuit de sommeil réparateur…

Autre fait à noter, en revenant de La Ceiba hier, on a trouvé notre WII inanimée. On en profite pour exposer ça à Tony qui nous sert à nouveau l’excuse de la surcharge électrique soudaine. On décide quand même de retenter notre chance et de la rebrancher et, après une nuit de repos, notre console familiale décide que notre famille mérite encore d’être divertie : ouf! Tony, même s’il n’a rien fait, est tout de suite élu chef de la horde des réparateurs WII du Honduras et nos enfants en profitent pour s’assurer que tout fonctionne encore comme avant.
Après un léger dîner improvisé, on quitte tous, avec nos invitées, pour une petite virée à Sambo Creek. La marche sur le bord de la route est particulièrement bruyante parce que la circulation est plutôt dense en ce dimanche après-midi et les chauffeurs semblent plutôt émoustillés par la vision de trois femmes blanches en camisole et bikini : ça klaxonne ferme!
Une fois au village, la marche redevient paisible et on s’aventure même à droite, au bout de la rue qui descend vers la mer, passé le « Dunde Don Felipe » (notre pulperia habituelle) pour aboutir sur la plage. On arrive en plein jamboree du dimanche. De la musique reggae d’un côté de la plage, de la pop des années 80 de l’autre, la presque totalité du village, une grosse partie de soccer et de l’ambiance à revendre, bref, c’est la fête. On s’écrase sur la plage et on profite de l’ambiance garifuna. Les enfants, les nôtres et ceux du village, se baignent et s’amusent candidement pendant que les adultes apprécient la vraie vie caribéenne dominicale au bord de la mer…
Jules est captivé (le mot est faible) par les matchs de soccer qui occupent un grand espace délimité par la mer, les maisons et les buts constitués de deux poteaux plantés dans le sable. On constate que les équipes de huit joueurs changent à chaque but mais on ne comprend pas le principe d’alternance des joueurs. Qu’importe, ces locaux se donnent corps et âme, sans chaussures, dans le sable, et offrent une expression pure du jeu et du dépassement; tout pour faire changement de ce qu’est leur vie les autres jours de la semaine.
Après un bon moment, il est temps pour nos amies de songer à regagner leur hôtel puisqu’à partir de la brunante, la marche sur la plage tombe dans la catégorie «gestion de risque»… On les accompagne et, chemin faisant, on rencontre le Paradiso Encantrado de Dante’ et Kristin. Quel hasard! On est obligé d’y faire un arrêt et de procéder aux présentations d’usage et, évidemment, puisqu’il est quatre heure quelque part dans le monde, de se rafraîchir le gosier. Nos amies finissent par repartir en joggant vers leur hôtel et on rentre chez nous fort heureux de leur charmante visite!
On s’est fait un souper classique : pilons de poulet empanazedor et on a une fois de plus constaté qu’on aime vraiment la viande centre américaine. Les savants d’entre vous pourront nous expliquer pourquoi, mais chaque nouvelle viande nous apporte des saveurs nouvelles et ce qui nous semble être une authenticité inconnue.

vendredi 3 février 2012

Odeurs du marché

Jour 10 (samedi le 28 janvier)

Matin splendide! Malgré le soleil rutilant, les parents traînent au lit et tentent de récupérer ainsi un peu de sommeil et se donner l’élan nécessaire à la poursuite efficace des activités familiales de la fin de semaine. Après le déjeuner, on décide, sur un coup de tête, de partir explorer La Ceiba en famille. On arrête notre choix sur l’autobus pour nous y mener et on verra bien pour le retour. Pendant les préparatifs de départ, les enfants se baignent et ils reçoivent la visite de Gabriel, le petit voisin de trois ans, et de sa nannie, Miriam. Les éclats de rire sont interrompus promptement par notre départ pour aller attraper l’autobus à Sambo Creek.

En sortant de Mango Tree, on croise deux gars avec un escabeau dans le coffre d’une voiture qui viennent travailler chez Gabriel et Shannon, les parents du petit Gabriel. On échange les salutations d’usage et on poursuit notre chemin. Moins de cinq minutes plus tard, à mi-chemin entre chez-nous et l’arrêt d’autobus, une voiture arrête pour nous offrir un lift. Après un refus rapide, Ivan se présente et nous explique que c’est lui qu’on vient de croiser en sortant de Mango Tree. Il était venu déposer le gars qui l’accompagnait et retourne à La Ceiba. Il nous offre de nous y conduire, gracieusement. D’humeur aventurière, on accepte et on s’entasse dans sa Hyundai Accent. Ivan est très gentil mais seulement hispanophone.On fait tous de notre mieux pour entretenir une conversation vacillante mais empreinte d’une réciproque volonté de communiquer. Quinze minutes plus tard, il nous dépose, par hasard, devant Biciclos, un magasin dans lequel on retrouve un peu de tout, mais surtout des vélos usagés. Charles y était venu avec Tony et y avait repéré quatre vélos qui pourraient faire l’affaire pour nos enfants en manque de dépenses énergétiques. On fait un grand tour à l’intérieur et on finalise l’achat des vélos avec un commis qui a vraiment l’air de se foutre de nos gueules de gringos. On convient avec lui de repasser en fin de journée pour prendre possession des vélos.

On entame une grande marche dans les rues de la petite capitale de la province d’Atlantida. On emprunte l’avenue du 14 juillet qui est un large boulevard sur lequel débouchent de plus petites rues. On trouve de tout et de rien et on joue aux touristes en exploration. On en profite pour faire un saut dans un guichet automatique pour alimenter nos commissions qui sont aussi diverses que nombreuses. Comme il est l’heure du dîner, on se cherche un endroit authentique où mettre nos estomacs à l’épreuve. On aboutit dans un tout petit restaurant matriarcal, fallit savoir que c’était un restaurant, dans lequel s’activent trois générations dont la dernière nous attendrit au premier regard. L’ainée qui doit avoir 9 ans prends les commandes pendant que la cadette s’occupe de la benjamine de 2 ans qui elle, est tellement mignonne qu’on doit se retenir de la prendre en photo.

Comme le menu affiché au comptoir comporte une dizaine de choix et qu’on ignore comment ces mets sont apprêtés ici, on en commande six et espérant être un peu chanceux. Une télévision crache une version espagnole du roi lion qui entraîne nos enfants dans une catharsis totale pendant que la mère et la grand-mère s’activent en cuisine et que les trois filles s’amusent en regardant nos enfants. Puis, les assiettes défilent et on découvre ces plats apprétés localement : baleadas, enchiladas, pasteles, tortillas con quesillo et tajaditas con carne molida. Une fois terminé, on a recommandé deux assiettes pour assouvir les deniers trous de nos estomacs. Coût total de huit assiettes et deux jus de fruits : 140 lempiras (7$)!


On reprend le trottoir (quand il y en a un!) pour aboutir un peu plus loin dans une enfilade de rues bondées de kiosques et de stands. Vêtements, fruits, cossins divers, étalages de toc, vendeurs itinérants et boutiques dans un joli fouillis digne de tous les marchés publics du monde. On marche de rue en rue, en errant tranquillement et en appréciant toutes les sollicitations de nos sens. Plus de la moitié des voitures sont des taxis et presque chacun d’eux klaxonne en nous voyant pour nous offrir de retenir leur service. Ça donne un concert incessant auquel s’ajoutent les klaxons de plaintes et d’impatience : toute une expérience! Puis, arrive une averse tropicale aussi brève qu’intense qui nous pousse à nous réfugier à l’intérieur du marché couvert où s’enfilent des comptoirs de légumes, des vendeurs de chaussures et des échoppes de viande avec quartiers suspendus, où les mouches valsent au rythme des odeurs qui nous inondent. 
On en profite pour acheter différentes choses qui nous manquent, principalement des jeux, des crayons et des cahiers, ce qui est assez simple puisqu’ici c’est la rentrée dans quelques jours.

Sans vraiment s’en rendre compte, on revient sur nos pas pour acheter ce qui manque profondément à notre pura vida; un hamac pour le balcon de l’étage. La négociation du prix fut simple, mais le choix des couleurs s’est avéré un véritable dilemme. Dès qu’un semblait s’imposer, un nouveau apparaissait pour ébranler notre choix et remettre tout en cause… Après un bon quart d’heure de tergiversations, nous repartons avec notre petit bonheur et une grande hâte de s’y jeter. La fatigue de ces deux heures et demie de marche dans cet environnement sollicitant, nous incite à trouver un taxi pour nous ramener au bercail. Le hic, c’est que nous avons besoin d’un véhicule assez grand pour nous y entasser et ramener quatre vélos… Or, les taxis conduisent tous des voitures compactes ou sous-compactent.  Mais comme on est chanceux, on trouve Naoum et sa fourgonnette Citroen qui semble pouvoir accommoder nos besoins de l’instant. Après s’être entendu sur le prix (400 lempiras, 20 $) on retourne chez Biciclos pour récupérer nos vélos. On y retrouve notre commis au sourire Éric Salvaillesque qui s’étonne presque de nous voir retontir.

On boucle les dernières formalités et on entasse le tout dans le coffre de la voiture avant de prendre la route vers la maison dans un silence qui met en évidence notre combat contre la fatigue. On y parvient à la tombée du jour, passé 17 h 30.  Le temps de sauter dans la piscine, de manger rapidement et d’abandonner nos enfants dans leurs lits qui les aspirent instanténnement. Pas facile l’après-midi au marché!

mercredi 1 février 2012

Jour 9 (vendredi 27 janvier)

Vendredi! TGIF! Même nous on a hâte au week-end… Aujourd’hui à l’école c’est une journée pédagogique et comme les enfants n’y sont pas inscrits et que le thème « journée canadienne » se transpose mal à notre situation, on s’entend avec les enfants pour faire l’école quand même et ainsi se mettre une journée de congé en banque pour une journée oû on voudra profiter d’une sortie ou d’un événement spécial.
Pour se féliciter de cette assiduité remarquable, on décide d’aller manger à l’hôtel Helen’s, sur le bord de la plage. Tel que décrit précédemment, l’hôtel donne directement sur la plage et la salle à manger est meublée de piscines, de hamacs, de petites huttes en palmier et de vivariums géants dans lesquel on retrouve de jolies tortues vertes. Comme s’ils n’en avaient jamais vu avant, les enfants se lancent dans les piscines pendant que les parents choisissent savamment trois repas de poisson et fruits de mer. On y déguste un ceviche mixte (poisson, crevettes et conque), un filet de poisson « a la plancha » et une portion de conque à l’ail. Restaurés de produits de la mer, qui manquent toujours cruellement dans notre réfrigérateur, on en profite pour y faire un saut (dans la mer, pas notre frigo!). L’eau y est chaude et les vagues juste assez grosses pour avoir du plaisir sans être inquiétés.

En payant avant de quitter, on réalise qu’il en coûte 15 lempiras (1,25$) par enfant pour se baigner dans les piscines… Loin d’être froissé, on s’amuse de la chose, et on se fait expliquer par Tony qu’ici, les gens ont tendance à pousser la note et à profiter de tout sans jamais penser qu’il en coûte quelque chose. Qu’importe, on retournera chez Helen’s parce que Jack, Alain et Helen (tous québécois) sont sympathiques chaleureux et toujours prêts à aider.
Pendant le farniente sur la plage, Charles en profite pour aller saluer Dante’. En arrivant dans la hutte du pirate, une grosse télé trône sur une table. Dante’ et Kristin sont des Américains de Cleveland… À Cleveland, il y a les Browns… et dans 9 dodos, ce sera le Super Bowl!!! Le Noel de l’amateur de football se déroulera donc sur le bord de la plage sous le chaume du Paradise found : paradiso encantrado es real encantrado!

En remontant à la maison, on passe devant chez Mat et Marianne, les missionnaires catholiques aux cinq enfants, et on leur fait un brin de jasette. Avec le gros 4X4, le I-phone 4S, les 2-3 Mac qui se promène aux mains des jumeaux de 4 ans, on croit que notre définition de missionnaire doit être mise à jour… On s’amuse ferme parce que Marianne, qui parle un espagnol presque parfait mais qui sonne toujours fâchée, est aux prises avec un pépé-jardinier qui tente de lui extorquer quelques lempiras pour aller profiter des bontés de la vie garifuna en ce dimanche après-midi. Elle finit par lui donner 8 lempiras (0,40$... une bière ici vaut 14 lempiras) et après un essai infructueux de quête sur nos charmantes personnes, il finit par quitter. Mat et Marianne nous offre de nous conduire à La Ceiba quand l’école des enfants commencera, dans quelques jours seulement, et nous explique l’horaire de contorsionnistes qui les attend. Mat enseignera à La Ceiba, dans l’école du plus âgé de leurs enfants et Marianne enseignera dans l’école des quatre autres qui est située complètement à l’opposé de La Ceiba. Ils tentent d’acheter une seconde voiture, mais c’est très difficile en ce moment parce que l’État du Honduras n’a plus de plaque d’immatriculation à distribuer (!!!). Bref, on se dit qu’on ne sera pas à plaindre avec notre piscine et notre horaire taillé à même l’inspiration du moment.
Jules a généré assez d'énergie pour faire fonctionner l'horloge ! Il n'était pas peu fier de son nouveau jeu d'expérience !

Romane et son vernis...


Jour 8 (jeudi 26 janvier)

Après l’école et un rapide dîner, on décide de secouer nos puces et d’aller faire un tour à Sambo Creek. Déjà, la marche le long de la route est plus facile pour tous : on est plutôt habitués à la vitesse des voitures, on marche en une belle file indienne et on sait que, comme le trajet est court, on a pas longtemps à s’inquiéter. En marchant, deux gringos dans un pick-up arrêtent pour nous offrir un lift dans la boîte de leur rutilant Toyota Hilux. On refuse, mais on note la gentillesse au même chapitre que la bière qu’ils sirotent en conduisant…


On descend la grande allée du village et on aboutit à notre petit magasin général dans lequel on retrouve la patronne, tout sourire de nous revoir. Romane, comme un missile à tête chercheuse se lance devant le comptoir de… cosmétiques.  Marie-Claude : « Merci Éléonore pour ce bel héritage. Nath, Cath,  Hélène, Nadja, Carole et Isa : j’ai succombé et acheté ledit vernis à la girly de la famille…  j’en reviens juste pas! Maintenant, on va être obligé d’acheter du dissolvant à vernis. Et on dit ça comment en Espagnol dissolvant à vernis ? 15 lempiras (0,75$) c’est pas cher pour rendre ses ongles aussi brillants que ses yeux, mais je sens qu’avec les années nous allons devoir délier les cordons  de la bourse pour satisfaire le lustre de madame… »

On s’est aussi, et accessoirement,  procuré une 2e corde à linge pour le balcon de l’étage et les enfants se sont fait offrir des suçons à la fraise et au melon d’eau par la patronne.

Jour 7 (mercredi 25 janvier)
Une petite journée normale. Rien de spécial en ce lendemain d’anniversaire. Une petite journée de semaine, certains diront le nombril de la semaine, qui nous fait réaliser qu’on s’est donné à fond depuis quelques jours et qu’il fait bon prendre la vie plus tranquillement, histoire de se replacer un peu. Il y a exactement sept jours, nous volions dans une liste de tâches interminable…
On voulait essayer un restaurant, le Pollo Nicolle, situé sur la route entre chez nous et Sambo Creek, mais on a mis un peu trop de temps à se décider et on a donc plutôt opté pour un petit lunch au sandwich et un après-midi tranquille. Baignade à profusion, sieste, parties de Uno et de WII. Rien de bien exotique, mais une belle occasion d’être en famille et d’en apprécier les subtilités; c’est aussi pour ça qu’on est ici.